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WE de Pentecôte à l'île d'Yeu
18, 19 et 20 mai 2002
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Un autre colibri (abonné à Pilotlist), ayant indiqué qu'il va à l'ile d'Yeu pour le WE, la destination du voyage de pentecôte est vite choisie : ce sera un rassemblement à l'île d'Yeu !
L'avion est réservé, mais celui qu'on va finalement utiliser n'est pas tout à fait celui qu'on avait réservé. Il sera moins puissant, et donc moins rapide, hélas...
Décollage de Lognes samedi en fin de matinée, avec le plein. Nous avons décidé de nous arrêter à Cholet pour ravitailler et éviter d'avoir à le faire au retour, et pour profiter de l'excellente restaurant (l'Eole
Bar, très chaudement recommandé).
Malheureusement, notre DR400 est anémique, ya pas d'autre mot, et en plus le vent est de face. Sur le GPS, notre vitesse sol oscille lamentablement entre 80 et 90 noeuds... On s'ennuie sévère... Résultat,
quand on arrive à Cholet, le resto est quasiment fermé, mais comme ils sont sympas, ils nous font à manger quand même.
Après avoir rempli nos estomacs, on donne à manger à l'avion. On regarde démarrer le Citation suisse dont les pilotes ont profité aussi du resto. Leur unique passager arrive, et c'est parti. Le Citation passe
devant notre DR400. On fait un coucou aux pilotes (un homme et une femme), qui nous font un geste de la main.
Il s'aligne sur la piste de Cholet, face à la ville qu'il faut éviter de survoler en décollant. Lui ne tournera pas légèrement à droite pour éviter le survol, mais grimpe tellement vite qu'il passe haut au dessus
de la ville... Impressionnant !
On décolle à notre tour. Toujours aussi lentement, on se dirige vers la côte. En contact avec Nantes Info, on monte pour traverser. A 5000 pieds, on voit l'île d'Yeu avant même de passer la côte, sous le soleil,
c'est superbe.
Descente rapide en tournant autour de l'île par la pointe des Corbeaux, et l'AFIS nous propose une longue finale 33. Atterrissage avec 10 à 15 noeuds plein travers. L'atterro est filmé par Flavien, arrivé bien
avant nous (ils étaient deux dans le TB20, ceci expliquant cela).
"Garez-vous à côté d'un *certain* TB20", nous demande l'AFIS. Je gare laborieusement le DR400, qui manoeuvre avec autant de mauvaise volonté qu'il n'accélère. On apprend que Flavien et Gaëlle sont à la tour
depuis une heure en nous attendant, et que l'agent AFIS a demandé sur la fréquence à l'avion arrivé juste avant nous "C'est Olivier ?"
La 4L nous attend sur le parking, c'est royal... Direction notre résidence du WE, à la Croix. C'est parti pour trois jours de rascol mémorable. Nous ne sommes que 5, et White n'est pas bavard, mais on va tous beaucoup apprécier ce mini-rascol impromptu.
Samedi après-midi, le temps est superbe, avec un grand soleil. En l'absence de barbecue, c'est sur le feu, dans la cheminée, que nous faisons cuire nos brochettes faites maison, nos merguez et autres chipolatas,
et nos côtelettes... Ne trouvant pas de papier journal pour allumer le feu, nous avons trouvé une solution très aéro : cartes TEMSI, TAF-METAR, photocopies de VAC du WE précédent, et même une fiche de pesée nous
fourniront le papier pour enflammer les brindilles !
Le soir, ça se gâte, il se met à pleuvoir alors que nous venions d'enfourcher les vélos pour aller au bar de l'escadrille. On se replie donc sur la voiture. A l'escadrille, il y a déjà foule. On finit par se
trouver une table dans un coin. Et nous chantons avec les autres jusqu'à une heure du matin, avant d'aller prendre un repos bien mérité.
Dimanche, il fait tout gris, et c'est même de la pluie qui nous attend quand on ouvre les volets. Pas de quoi nous empêcher de prendre les vélos et d'aller nous balader. En ce dimanche de Pentecôte, sur l'île d'Yeu, c'est la Fête des Fleurs... Une dizaine de chars se promènent dans toute l'île. Nous les croisons sur le chemin. Puis on va discuter un coup avec le pilote de l'hélico, qui attend ses clients sur l'hélistation du port. Le Dauphin biturbine est superbe, et peut embarquer 10 passagers...
Le continent est à 10 minutes. Dans le temps, ce sont des Alouettes II et III qui faisaient la liaison. De vieilles affiches, au bar de l'escadrille, témoignent de ce récent passé aéronautique de l'île.
Le pilote attend ses passagers, 6 anglais, qu'il va déposer directement à l'aéroport de Nantes. Ils arrivent, et bien que le ciel soit bien bas de plafond, l'hélico décolle, nous sans que le souffle de son rotor ne fasse tomber un de nos vélos, pourtant bien appuyé contre la barrière !
Nous enfourchons nos vélos pour une balade d'une vingtaine de kilomètres autour de l'île. Nous passons le long de l'aérodrome, le temps de constater que nos avions sont toujours là, roues au sol, et que la piste
est herbe ne donne vraiment pas envie d'être utilisée.
Retour à Port Joinville pour un apéro, puis un repas bien mérité dans
une crêperie. On admire les chars de la Fête des Fleurs, qui reviennent
sur le port, en écoutant des musiciens jouer des airs bretons. Car si
on est ici en Vendée, la Bretagne est toute proche, et sa culture est
bien présente sur l'île.
Et nous prenons à nouveau la direction du bar de l'escadrille. C'est
un lieu incontournable. D'abord parce qu'on y trouve l'ambiance la plus
sympa des bars du port, et parce qu'il est très aéro. Son patron
pilotait l'hélico, on trouve sur un de ces murs un superbe moteur en étoile,
et une non moins magnifique hélice en bois, et les autres murs sont
couverts de gravures et photos d'avions et d'hélico de toutes époques...
A notre table, un de nos voisins nous demande d'où l'on vient, et à
force de répondre à ses questions, on finit par dire qu'on est venu en
avion. Lui-même est élève-pilote, et la discussion qui suit prouve une
fois de plus que le bar de l'escadrille porte décidemment bien son nom.
Lundi matin, il fait un temps superbe. Pas un nuage, et un soleil qui
réchauffe les maisons et les corps. Alors que tout vol était impensable
entre l'île et le continent la veille, nous n'aurons aucune difficulté
à voler aujourd'hui. Petit déjeuner en terrasse, au soleil, en écoutant
la fréquence de Yeu avec le fameux AR108.
Les pilotes profitent du beau temps, et la fréquence ne désemplit pas.
DR400, PA28 ou TB20 s'annoncent les uns après les autres, et nous les
voyons passer devant nous, en longue finale pour la 33.
Et nous ré enfourchons nos vélos pour la pointe des Corbeaux, que nous
explorons jusqu'à son extrémité, en escaladant les rochers. Puis c'est
le retour à la maison pour manger, ranger, et faire les bagages. Détour
par Port Joinville pour rendre les vélos, et direction l'aérodrome. Le
rascol n'est pas encore tout à fait fini.
Avant cela, Flavien et Gaëlle nous font essayer leur TB20 avec un
petit tour de l'île. On s'éloigne sur la mer pour faire une longue finale en 15,
et c'est l'approche au dessus de la mer, et un atterrissage de main de
maître de Flavien, malgré le vent de travers.
Retour au parking, au revoir, et nous voilà partis dans notre DR400.
Alors que l'on s'aligne en 33, Flavien annonce sur la fréquence qu'il
roule pour le point d'arrêt, et ajoute "Message pour Victor Novembre :
White est resté dans le TB20, mais on va s'occuper de lui !"
Décollage, mais le TB20 se fait piquer la place au point d'arrêt par
un autre avion. Du coup, il ne nous rattrapera pas (bizarre...) et le
vol en formation sera pour une autre fois. De notre côté, j'ai calculé et
recalculé : malgré le plein à Cholet, le vol d'1h05 (!!) pour aller à
Yeu, et la vitesse désastreuse du DR400 ne nous permettrons pas de
rallier Lognes dans ravitailler.
Tant pis, on refera une halte à Cholet. L'AFIS est là les jours fériés
jusqu'à 19h, donc nous pourrons ravitailler. Mais en approche de
Cholet, les avions en tour de piste nous confirment ce qu'on craignait :
l'AFIS n'est pas là, pas d'essence, donc...
Pas question de tenter le diable, et nous prévenons par SMS Flavien et Gaëlle qu'on va,
nous aussi, se poser à Etampes, pour ravitailler.
Nouveau petit rascol rapide autour de la pompe à essence. White est content de retrouver son papa, même s'il n'aurait pas été malheureux en passant quelques jours chez d'autres colibris...
Enfin, dernière étape avec un retour sur Lognes. On range l'avion en
se promettant de ne plus aller à Yeu avec un 108cv... Retour sur Paris
en voiture, après 6h46 de vol dans le WE, et un très très sympa mini-rascol de trois jours à l'île d'Yeu qui restera longtemps gravé dans
nos mémoires !
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