XIII Blog





Attention : les posts les plus récents sont en haut, donc si vous voulez lire dans l'ordre chronologique, il faut aller tout en bas, et remonter.

31.05.03
21:10:28

Comment raconter une journée pareille ? A peine rentré chez moi après plus de 12 heures passées à Roissy, je me demande comment mettre des mots sur cette journée fabuleuse ? Le dernier jour de Concorde chez Air France...

Tout a commencé à 9h du matin, par un petit déjeuner à l'hôtel Hilton de Roissy. Après un émouvant discours de bienvenue du concepteur de ces journées, direction le musée de l'air et de l'espace, au Bourget, pour une visite guidée.

Par petits groupes, nous commençons un pélerinage qui va nous faire parcourir un siècle d'aventure aérospatiale. Après un passage devant une reproduction du ballon de Pilâtre de Rozier, le voyage commence vraiment avec les premiers vols de plus lourds que l'air, à la fin du 19e siècle. Puis, petit à petit, nous avonçons dans le temps, pour finir en entrant dans le hall Concorde.

Pour la plupart d'entre nous, ce n'est pas la première fois que nous entrons dans ce gigantesque bâtiment qui abrite le tout premier exemplaire de Concorde, le 01, le prototype qui décolla pour la première fois le 2 mars 1969, à Toulouse, entre les mains d'André Turcat. Mais aujourd'hui c'est uen émotion aprticulière qui nosu étreint en entrant dans ce hall, alors qu'on se rend compte que nous allons être, tout à l'heure, passagers du dernier vol commercial d'un Concorde d'Air France.

Retour à Roissy, déjeuner, et il est temps d'aller à l'enregistrement. On récupère nos billets sous les regards des caméras de télévision. Nous voilà dans le salon Concorde. Je ne tiens plus en place. Enfin, nous embarquons. Autour de l'avion, des dizaines de personnes, la plupart habillées des gilets fluos des agents de piste.

On monte à bord, et on s'installe. La cabine est étroite, relativement basse de plafond, donnant une impression de tube bien plus forte que sur les autres avions. Sur nos sièges nous attend un certificat de vol supersonique, cosigné par le PDG d'Air France et par notre commandant de bord.

Enfin, l'avion met deux réacteurs en route et est repoussé. 10 minutes plus tard, retour au parking : problème sur l'allumage d'un des réacteurs. La réparation, qui va durer 45 minutes (encore un exemple du talent de la maintenance de la division Concorde) va avoir une conséquence inattendue : nous effectuerons non seulement le dernier décollage d'un Concorde d'Air France en vol commcercial, mais également le dernier atterrissage, qui devait être fait par le vol régulier AF002 New-York Paris.

Cette fois, c'est parti. Un cordon de gendarmes nous sépare de l'aérogare et des curieux. Puis nous roulons vers la piste. Des agents de piste nous font de grands coucous de la main. Aligné sur la piste, Concorde attend encore un long moment avant d'effectuer cet ultime décollage.

Et puis il fonce. Nous sommes plaqués contre nos sièges. La poussée est impressionnante. Léger (il emporte beaucoup moins de carburant que pour aller à New-York), notre Concorde décolle vite, et prend son impressionnante assiette de montée. Alors que nous passons le seuil de piste, j'ai une pensée pour les milliers de personnes, là, dessous, qui sont venus voir le voir décoller.

Pendant ce temps, Concorde monte, et monte vite. La machmètre s'affole, mais reste sagement sous la barre fatidique, en attendant d'atteindre la mer. Douze minutes après notre décollage de Roissy, nous sommes au dessus de la Manche.

Le machmètre est l'objet de toutes les attentions. 0.95, 0.96, 0.97, 0.998, 0.99. Nous restons à cette vitesse pendant une vingtaine de secondes, utime coquetterie de Concorde...

Mach 1.00. "Félicitations à vous, nos derniers passagers supersoniques" lance le chef de cabine, sous les applaudissements de la centaine de passagers, moitié Français, moitié Britanniques.

On a à peine eu le temps d'attaquer le repas qu'il faut déjà surveiller le machmètre pour ne pas rater le passage à Mach 2. 1.97, 1.98, 1.99, 1.98, 1.97...

Concorde se fait à nouveau prier pour passer deux fois la vitesse du son. Puis, soudain, s'affichent les trois chiffres tant attendus : 2.00. Tonnerre d'applaudissements. Nous parcourons désormais un kilomètre toutes les secondes et demi, et avançons plus vite qu'une balle de fusil à la sortie du canon... le tout sans casque, sans combinaison anti-G, et dans un confort absolu.

C'est loin d'être la première fois, ça fait même 27 ans que ça dure en service commercial. Mais ce vol est le dernier au cours duquel des passagers payants pourront voler à cette vitesse sous les couleurs d'Air France.

Nous atteignons Mach 2.04. A 60 000 pieds, le ciel est d'un bleu profond juste au dessus de nous. L'espace est là, juste au dessus.

Puis nous effectuons un large cercle (65 kilomètres de rayon !) au dessus de l'Atlantique, pour revenir vers Paris. Avant d'y atterrir, Concorde va se montrer, peut-être pour la dernière fois, à la hauteur de la star du ciel qu'il est. Nous survolons Paris. Puis, en descente, nous passons à la verticale d'Orly, à 1200 mètres d'altitude, pour saluer une dernière fois l'aéroport où Concorde a eu ses habitudes.

Vers 18h25, nous passons à la verticale de Lognes, puis de Chelles. Nous sommes en finale, mais nous n'allons pas nous poser tout de suite. Le commandant nous annonce un passage verticale de Roissy, à 600 mètres d'altitude !

A la plus grande joie de tous ses fans réunis à Roissy et autour, mais aussi à la nôtre, nous passons donc lentement au dessus de l'aéroport. Et enfin, à 18h36, nous sommes en courte finale. Des centaines de voitures sont arrêtées au bord de la route, et des milliers de personnes sont là pour regarder le dernier atterrissage du Concorde à Roissy.

L'atterrissage ne marque pas la fin de cette journée si particulière pour Concorde. Alors qu'il libère la piste, commence le moment le plus merveilleux.

Nous avons déjà aperçus la foule de passionnés massés en bout de piste. A présent, c'est le personnel de Roissy, encore plus nombreux qu'à notre départ, qui rend un dernier hommage à Concorde.

Plusieurs camions de pompiers sont garés le long du taxiway, en une haie d'honneur éclatante, et les soldats du feu nous font de grands gestes de la main.

Plus nous avançons, et plus ils sont nombreux. Concorde n'est plus seul sur le tawixay, il est précédé et suivi de nombreux poissons pilotes, comme ces navigateurs littéralement encerclés par les bateaux à l'arrivée des courses.

Devant nous, 5 ou 6 véhicules de piste ouvrent la route. Derrière, plusieurs véhicules, camions de pompiers, voitures de gendarmeries, et autres véhicules de piste, ferment la marche. Sur les côtés aussi, des véhicules nous suivent, les passagers parfois assis sur le rebord de la fenêtre pour photographier ou filmer.

Des centaines d'agents de piste regardent Concorde passer en faisant de grands signes de la main.

Dans l'avion, inutile de dire que plus personne n'est attaché. Tout le monde, passagers, hôtesses, stewards, est le nez collé au hublot, émerveillé par le spectacle de Roissy rendant hommage au Concorde.

Sur la fréquence sol, le commandant indique qu'il va s'arrêter quelques minutes devant les fans massés derrière les grillages. Concorde s'arrête, et remercie ses nombreux amoureux. I ls sont tous là, agitent un grand drapeau français, et brandissent la banderole bien connue "Concorde, on t'aime", mais aussi une autre, faite pour la circonstance : "Au revoir et merci".

Tous ces passionnés saluent de la main, et courent le long des grillages quand Conc orde reprend lentement sa route. Un peu plus loin, c'est devant sa maison, le siège d'Air France, qu'il s'arrête à nouveau.

Des centaines d'employés de la compagnie nationale sont massés devant le bâtiment, et eux aussi agitent les bras, avec toute l'émotion qu'on peut imaginer. A bord, l'émotion est là aussi, et on sent que les larmes ne sont pas loin.

C'est un étrange mélange. Mélange du grand bonheur d'avoir fait ce vol, de la tristesse que tout cela s'arrête, et de l'honneur d'avoir été les derniers.

A nouveau, comme à regret, Concorde reprend sa route. Il passe devant un Airbus d'Air France, dont le commandant, par son hublot ouvert, fait un grand signe de la main au grand frère qui prend sa retraite.

L'aérogare se rapproche, et apparaît le Sierra Delta, arrivé tout à l'heure de New-York, à côté duquel on va se garer. Comme au départ, des dizaines de personnes sont au sol, et attendant le bel oiseau.

Cette fois, c'est fini, les réacteurs s'arrêtent, et on descend de l'avion. A la sortie de la passerelle, le personnel d'Air France nous a réservé une dernière surprise, et un dernier hommage.

C'est une véritable haie d'honneur que forment hôtesses et stewards. Ils applaudissent avec autant de force que d'émotion les passagers qui se succèdent entre eux.

La journée se termine au Hitlon, où nous rejoint l'équipage de notre Concorde, au grand complet. Chacun de nous, passage rs, équipe d'organisation, équipage, reçoit un souvenir Concorde à son nom, avec la date du jour. Nous rendons hommage à notre copilote, la seule femme qui était pilote de Concorde chez Air France, et à tous ceux qui ont disparu le 25 juillet 2000.

Et c'est la tête plein de souvenirs et le coeur plein d'émotions que nous nous séparons. Sur le route, alors que le ciel avait réservé un soleil éclatant au dernier vol commercial d'un Concorde français, le ciel se couvre soudain et l'orage éclate...

29.05.03
17:51:55

Pffff, pour un jour férié, j'ai bien bossé aujourd'hui. J'ai fait un grand ménage de printemps, ça fait longtemps que j'avais pas fait de ménage et rangé comme ça.

Je m'y suis lancé ce matin parce que je devais recevoir chez moi un ptit kiki (si Thomas lisait mon blog, il verrait tout de suite l'allusion... Greg, Antoine et Thierry la comprendront sans doute. Et, mais là c'est moins sûr, les lecteurs d'un certain magazine gay gratuit saisiront peut-être... :-) )

Finalement, comme je m'en doutais un peu, le ptit kiki ne m'a pas appelé, et n'est donc pas venu. Mais je m'en fous, ça m'a motivé pour mon ménage, et je l'en ai même remercié par mail ! :-)

Trop timide, le kiki, pourtant je lui avais proposé une balade sur les bords de Seine pour proposer du beau temps (enfin dans un premier temps... :-) )

Le pire, c'est que c'est loin d'être la première fois que je me mets à ranger parce qu'un mec doit venir chez moi. Enfin ceci dit, ça fait des mois que ce n'est pas arrivé... :o)

28.05.03
20:35:16

Où "mon" Concorde, celui dans lequel je vais prendre place samedi, pour son dernier jour d'exploitation commerciale, va-t-il finir ses jours ? En France, en Allemagne, ou aux Etats-Unis, après un dernier vol transatlantique ?

Air France va en effet céder ses quatre Concorde encore en état de vol à quatre musées aéronautiques : au Musée de l'Air et de l'Espace du Le Bourget, au Technik Museum Speyer de Sinsheim (Allemagne), à Airbus, pour exposition dans le futur parc aéronautique de Toulouse, et au National Air and Space Museum (Smithsonian Institution) de Washington.

Le cinquième, qui était en "grande visite" quand l'arrêt des vols a été annoncé, sera exposé à Charles de Gaulle.

"Concorde appartient au patrimoine aéronautique de l'humanité et doit donc pouvoir être vu ? et admiré ? après l'arrêt de ses vols. Ce sera le cas de l'ensemble de la flotte Concorde d'Air France dont tous les appareils seront présentés au public" a indiqué la compagnie dans un communiqué.

Par ces dons, Air France souhaite "permettre au plus grand nombre d'approcher cet avion qui aura marqué, au-delà même de la Compagnie, l'histoire de l'aéronautique. Air France rend ainsi hommage à Concor de qui, exposé sur ces sites, perpétuera son existence".

J-3...

28.05.03
20:26:26

Ayéééééé, c'est fait, Thomas de Loft Story a sorti son livre dans lequel il parle, entre autre, de sa pédéitude

Sisi, vous vous rappelez, c'est le petit pédé du Loft 2, celui qui a fait son coming-out en direct devant des millions de personnes, et qui a même gagné à la fin.

Il a aussi mis en ligne son site officiel.

Remarquez par quelle dynamique société ce site est hébergé (mais pas réalisé) !

28.05.03
20:05:53

J'ai rien posté depuis dimanche, moi ? Et on est déjà mercredi soir ? Rholalala...

C'est à cause d'Alzheimer. Dans la journée je pense à des trucs à dire dans mon blog, et le soir je ne m'en rappelle plus...

25.05.03
23:15:23

Lognes, dimanche 25 mai. Installé en face de l'extrémité de la piste, ma petite radio aéronautique vissée à l'oreille, je regarde le petit DR400 bleu et blanc s'aligner. A travers l'objectif de ma caméra, je le vois s'élancer, prendre de la vitesse, puis se cabrer et décoller.

Alors qu'il grimpe vers son élément naturel de toute la force de son petit moteur, je sens mon coeur battre plus vite, et je lâche un soupir, pour essayer d'évacuer un peu de l'émotion qui m'étreint.

De retour à l'aéroclub, je tourne en rond, et un des membres du bureau, qui me connaît bien et qui sait la raison de mon stress, tente de me rassurer.

Une demi-heure plus tard, j'entends sur le récepteur l'avion qui s'annonce pour atterrir. Je saute dans la voiture pour retourner au point d'arrêt, et j'arrive juste à temps pour le voir se poser sur la piste en herbe. Retour à l'aéroclub. Je regarde le DR400 rouler tranquillement sur le taxiway.

Il s'immobilise devant moi, le moteur s'arrête, et la verrière s'ouvre. Je m'approche. A droite, Jeff, mon instructeur. En place gauche, enlevant mon casque d'un air concentré, ma maman, qui vient de prendre sa première leçon de pilotage, offerte par mes deux soeurs et moi-même, en ce dimanche de fête des mères.

Ca faisait quelque temps que l'envie me trottait dans la tête. Ma mère m'avait dit : "Je crois que ça m'aurait plu, d'apprendre à piloter..." D'un air de dire "Maintenant, c'est trop tard". L'idée avait donc germé à ce moment là...

Un an et demi après, elle a refait surface à l'occasion de la fête des mères. En début de semaine, mes soeurs et moi n'avions toujours pas d'idée de cadeau. J'ai donc réservé un avion, un créneau avec mon instructeur, pour ce dimanche.

Et à 16h, je prenais la route de Lognes av ec mes parents, officiellement pour les emmener faire un tour. Et puis, au pied du DR400, je lui ai présenté Jeff, en lui disant : "Il va être ton instructeur aujourd'hui". Elle est tombée des nues, et a mis quelques minutes avant de comprendre ce qui lui arrivait.

C'est avec émotion que j'ai regardé Jeff expliquer à ma mère, autour de l'avion, comment l'avion vole, lui montrer les dessin de l'aile, lui expliquer comment les différentes forces s'annulent, et comment l'avion monte, descend, vire à droite ou à gauche.

Après avoir regardé l'avion partir sur le taxiway, je me suis donc rendu au point d'arrêt. Et donc, quand le petit DR400 s'est cabré pour s'élancer vers le ciel, en le regarda nt gagner courageusement pied après pied vers les nuages, imaginant ma maman en place gauche, décollant pour la première fois aux commandes, j'ai ressenti ce trop plein d'émotion, et j'ai dû soupirer pour l'évacuer.

C'est à la descente d'avion que j'ai compris qu'elle avait aimé. "C'est beaucoup moins difficile que ce que je pensais" m'a-t-elle dit. Et dans la voiture, sur la route de la maison, son diplôme de vol d'initiation entre les mains, elle pensait que, peut-être, elle continuerait bien.

Je vais donc aller acheter un carnet de vol. Je le ferai remplir par Jeff pour qu'il y inscrive les 38 minutes de vol de ma maman, ses premières 38 minutes de vol. Puis je lui donnerai ce carnet, qui mettra le point f inal de cette fête des mères si particulière, et qui sera surtout, je l'espère, un point de départ vers beaucoup d'autres minutes et heures de vol.

25.05.03
11:44:03

Hier, Marche des fiertés LGBT (Gay Pride, quoi, je précise pour les nombreux lectrices et lecteurs zétérosexuels de ce blog) à Rouen. Je vois un jeune homme avec sa mère, la maman portant un pancarte de l'association Contact, avec le slogan "Avoir un fils gay, c'est pas triste !"

Je suggère à Thierry de leur demander l'autorisation de les photographier, pendant que je vais prendre une photo un peu plus loin. Je reviens, et Thierry me dit : "Le mec m'a dit : "Ho mais c'est Olivier qui est avec vous !" " Moi, évidemment, je ne me rappelle pas du tout qui est ce garçon, même si à la réflexion son visage me dit quelque chose.

Mais j'ai assumé, je l'ai pas évité, je suis allé discuter avec lui, et je me suis en effet rappelé qu'on s'était rencontré ya longtemps.

Après la marche, on finit dans un bar gay de Rouen, le XXL, avec les soeurs de la Perpétuelle Indulgence. Elles étaient déchaînées, je les ai surprises en train de jouer dans un sex shop. L'une d'elle s'écriant : "Ho, un vibromasseur... Vibre, ma soeur !"

Bref, ce passage au XXL m'en a rappelé un autre, du temps de OOups, donc il y a longtemps aussi. Je me suis tout d'un coup rappelé que j'avais fini torse nu, et en slip, puisque j'avais le jean à peu près au niveau des genoux. Je crois me rappelle que j'avais enlevé moi-même le tee-shirt, mais que pour le jean on m'avait aidé...

Il me semble même que tout ça avait été filmé. Ce matin, donc, je me replonge dans mes cassettes DV pour essayer de retrouver tout ça. Le plaisir que je ressens à revoir la première cassette me donne envie de toutes les regarder, ça faisait longtemps.

Une cassette montre une séquence filmée chez Eric. Sur son canapé, on y voit Eric, donc, son copain d'alors, et un troisième garçon, qui ne me dit absolument rien, et que je trouve pas mal du tout. Je me dis que je n'ai sans doute pas osé le draguer...

Et tout d'un coup, ça me revient. Je me rappelle très bien de ce jour là, ça devait être un dimanche, j'avais en fait passé la nuit précédente avec le garçon en question, et nous avions, heu, comment dire... Quelque peu déliré. Je crois que c'est ce jour là que Eric, ou son copain, m'avait menotté les mains dans le dos sans que j'aie le temps de réaliser ce qui se passait, et que je m'étais retrouvé (une fois de plus, décidemment) quasiment à poil (enfin je dis quasiment dans un effort désespéré pour cacher le réalité, mais il me semble me rappeler que le mot est de trop). Marrez vous, marrez vous, mais essayez d'empêcher qu'on vous enlève votre jean avec les mains menottées dans le dos, vous. ..

C'est amusant comme la mémoire est sélective, et comme on oublie les zones troubles de son passé ! :-)

24.05.03
21:51:44

Des fois, je me fais mon petit 6 juin 1944 à moi.

Par exemple ce soir. Je débarque. Donc, je tombe ce soir sur Nice People, que je n'avais jamais regardé (scusez, hein, j'étais en Afrique... Arf :-))

Bon, tout ça pour dire qu'il y a des mecs assez regardables, dans cette émission ! Raimondo, l'italien, est pas mal du tout, et puis surtout Nallé, le Suédois, il est à tomber par terre, ce garçon !

Miam !

22.05.03
09:30:07

En partant au boulot ce matin, je vois une grande enveloppe qui dépasse de ma boîte aux lettres. Je l'ouvre, et j'y trouve ça :

Jour J-9.

21.05.03
19:30:34

Je suis assez fier de moi, sur ce coup là (oui oui, c'est rare mais ça m'arrive ! :-) )

Bon, récapitulons pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi. L'an dernier, un peu avant le premier tour de l'élection présidentielle, Jacques Chirac accorde une interview au magazine gay Têtu.

La semaine dernière, sort un livre sur le "pouvoir gay". Bien nul, d'ailleurs. Hier, son auteur était l'invité de RMC, et on m'avait demandé d'intervenir par téléphone. On me demande mon a vis, et je dis : "Si on veut s'intéresser au pouvoir des gays, il faut faire un travail d'enquête et de recherche, un travail sérieux. Or je pense que ce travail n'a pas été fait."

Je l'ai un peu cassé, je crois. Et je crois aussi que je l'ai un peu énervé.

Bon, bref, dans son bouquin, entre autres, il affirme que lors de la rencontre avec Têtu, alors que le rédacteur en chef le remerciait de les avoir reçus, Chirac aurait répondu : "C'est bien normal, je suis très sensible à toutes ces questions. je viens de recevoir les représentants d'une association de handicapés, qui m'ont, eux aussi, exprimé leurs doléances".

Le Canard enchaîné reprend cet extrait aujourd'hui, dans un bel encadré bien visible en page 2, et commente : "Si le candidat assimile les homos à des handicapés, le "bon coup" va tourner au désastre".

Evidemment, depuis une semaine que le livre est sorti, aucune réaction officielle de l'Elysée. J'hésite à parler de ce truc, vu qu'ayant épluché le bouquin, je sais que la crédibilité de son auteur est au ras des pâquerettes, et qu'il y a de bonnes chances pour que Têtu comme l'Elysée refuse de commenter.

Un autre site gay balançant l'info sur sa une, je décide finalement de tenter le coup. J'envoie un mail à Têtu, et j'envoie un fax à l'Elysée, au numéro direct du conseiller technique de Chirac chargé de la presse (qui était présent lors de l'interview). Là où je pense avoir été relativement malin, c'est dans la façon de rédiger le fax.

Bingo. Une demi-heure après, mon téléphone sonne. C'est l'Elysée. Et le conseiller de m'expliquer comment ça s'est passé, etc. Il peut me raconter ce qu'il veut, l'important c'est que moi j'ai mon opinion sur l'interprétation des propos de Chirac, et que j'ai fait réagir le Château, comme on dit. Désolé de le dire, mais ça a fait plaisir à mon ego :-)

Bon, évidemment, j'ai un peu coupé l'herbe sous le pied de mes confrères. C'est pas très gentil *quand même* !

Lire l'article.

19.05.03
23:52:45

Ma soeur et son copain sont rentrés ce matin de Saint-Martin, après pas loin d'un an passé aux Antilles. Ca va leur faire drôle. Ce soir, je suis allé dîner chez mes parents pour les voir.

J'aime bien la lumière, en fin de journée, comme ça... Sur l'A4, quelques nuages blancs se baladent sur l'horizon. Depuis que je pilote, j'adore regarder les nuages. C'est beau, les cumulus... Je file vers l'est, donc je poursuis l'ombre de la 206...


Tango, le labrador, a bien grossi depuis son arrivée dans la mai son, aux débuts de ce blog. Je l'ai pesé ce soir : 90 kg (enfin dans mes bras, et j'en pesais ce soir 65, tout habillé).

19.05.03
23:35:34

Samedi, on devait faire une sortie à Alderney (la plus petite des trois îles anglo-normandes, après Jersey et Gu ernsey) avec plusieurs avions de l'aéroclub. Mais la météo pourrie nous en a dissuadés.

Arrivé dès 8h du matin à l'aéroclub, j'y ai finalement passé la journée, parce qu'on a toujours plein de trucs à se raconter, entre pilotes.

A défaut de voler, on voyage en regardant la carte...

19.05.03
19:40:06

Quelqu'un que je ne connais m'a mis dans ses liens de blog. Dans le post où il explique comment il a choisi les blogs qu'il y a mis, il écrit :

"XIII parce que je te suis depuis un moment sur le net, toi !"

Ha, tiens donc ! L'avantage du Net, c'est que c'est beaucoup plus discret d'y suivre les gens que dans la rue... :-)

Bon, je vais faire un lien vers le post en question, pour voir si son trackback fonctionne, tiens !

18.05.03
19:41:05

Ce blog manque de photos...

En voici donc quelques une de Nouakchott (capitale politique de la Mauritanie, donc, je rappelle pour ceux qui ne suivent pas), qui vous montrent : qu'il y a des chiens qui dorment au milieu des rues de la capitale, qui sont, pour la plupart, non goudronnées ; que même les rares rues en dur sont envahies par le sable ; qu'il y a des ânes tirant des charrettes dans les rues calmes : qu'il y en a aussi dans les rues embouteillées du centre ville ; que les camionnettes servent de transports (très) collectif ; que même si la république islamique de Mauritanie est relativement modérée, on y trouve quand même des femmes voilées.



18.05.03
16:47:06

Hier, un copain pilote, lecteur de mon blog, me demandait pourquoi je n'avais toujours pas raconté mon voyage sur la liste de diffusion aéronautique à laquelle je suis abonnée, alors que je l'avais fait ici.

Je m'y sui s donc mis cet après-midi, en entrant un peu plus dans les détails techniques que je vous ai épargné ici. J'ai également écrit une sorte d'épilogue à ce voyage, que je reproduis ici :

---

C'est le moment de jeter un oeil en arrière, sur ce voyage, et sur la signification qu'on lui donne.

Je l'écrivais plus haut, quand, aux commandes de nos Robin ou Cessna, on suit la route mythique de l'Aéropostale, on ne peut s'empêcher de penser à nos glorieux aînés.

Dans son "Mermoz" de 1937, écrit l'année suivant la disparition de l'aviateur aux commandes de la Croix du Sud, et déjà cité plus haut, Joseph Kessel décrit les terribles dangers encourus à l'époque par les pionniers de l'Aéropostale entre Casablanca et Dakar :

"Ils avaient à franchir 2000 kilomètres de dunes sauvages, jalonnées seulement par trois postes minuscules, blottis le long du rivage. Atterrir ailleurs qu'entre les fils de fer barbelés, c'était risquer la mort par la soif, les balles, ou les poignards des nomades.

(...)

Les pilotes se lançaient au dessus du désert où les guettaient la soif, la captivité et le massacre, sur des engins si imparfaits, si aveugles et si désarmés, que les premiers navigateurs, confiant leurs existences à des coques creuses surmontées d'un bout d'étoffe, demandaient moins à leur coura ge et à leur étoile.

Mais par leur défi même à la nature et au bon sens, par leur caractère d'âpreté, de risque, de chance et d'aventure, par l'exigence qu'elles imposaient de vertus encore inemployées, d'une entraide qui, sans cesse, engageait l'existence, ces conditions de vol tirèrent des hommes qui eurent le cran de les accepter une moisson spirituelle dont ils ne soupçonnaient même pas qu'ils portassent en eux le germe."

Aujourd'hui, à l'heure des GPS et téléphone satellitaires, le parallèle entre nous, pilotes privés du 21e siècle, et les pionniers des années 30 n'est-elle pas, finalement, aussi gratifiante que vaniteuse ?

La réponse est peut-être dans le très beau film proposé ce mois-ci par la télévision online Pegase.tv (créée par Bernard Chabbert, qui présentait "Pégase", le magazine du ciel, sur France 3, dans le temps). Il s'appelle "Le pèlerinage", et s'intéresse justement aux motivations des amoureux du ciel, pilotes où non, qui mettent leurs pas dans ceux des pionniers.

Bernard Chabbert, y évoque l'Aéropostale en parlant d'une "épopée devenue le chemin de Compostelle des aviateurs français". Pour lui, le secret du mythe, c'est le désert. Ecoutons Chabbert en parler avec sa magie du verbe :

"Les pilotes de l'aéropostale, ainsi que des caravaniers du ciel, y avaient appris ce qui fit d'eux bien plus que des porteurs d e courrier. Ils le survolaient, s'y posaient en panne, certains y furent tués, mais tous se retrouvaient imbibés de son infini vertigineux.

(...)

Les heures de vol interminables passés dans les remous de chaleur pouvaient conduire l'esprit jusqu'aux états étranges où le temps disparaît, où tout se dissout lentement dans une sérénité de plus en plus profonde, où l'homme, si compliqué, se résout et se transforme en monolithe de sagesse.

Lorsqu'il n'y a plus rien, tout devient clair, épuré. Et St Ex avait fini par remarquer que la perfection doit se trouver lorsqu'on s'est totalement dépouillé. A gauche, l'océan, à droite, le désert. Entre les deux, la falaise qui tranche le monde.

Au dessus, le pilote qui passe. C'est là que se situe la magie du vol de l'Aéropostale, et aussi dans la durée du survol du désert. Et c'est alors que les pèlerins comprennent ce qu'ils sont venus chercher avec cet avion."

Chabbert évoque aussi les chefs d'escales, barricadés dans les fortins du Sahara espagnol, qui passaient leur temps à attendre chaque avion du courrier :

"Et c'est justement cette attente qui transforma le plus célèbre de ces aventuriers, le jeune comte Antoine de Saint-Exupéry, en écrivain et philosophe universel. St Ex passa plus d'un an ici, au Cap Juby, totalement coupé du raffinement des salons parisiens, et des jeux subtils de l'esprit. Ce fut brutal, mais le jeune hom me s'installa avec délice dans ce campement au bord de l'univers, car il n'avait pas peur du vide."

Au cap Juby, St Ex le pilote devint St Exupéry l'universel. C'est là la motivation du pèlerin. On ne passe pas au Cap Juby sans y laisser quelques plumes. Cet endroit pourrait bien être un des centres du monde."

Si les GPS ont fait leur apparition, si les fortins sont devenus des villes, le désert, lui, est toujours là. On peut toujours y tomber en panne, on peut encore y laisser sa vie si l'on n'est pas prudent, on peut encore se faire tirer dessus si l'on survole trop bas certaines zones du Sahara occidental...

Et surtout, son survol, et sa découverte au sol, reste empreint de cette magie, de cet "infini vertigineux" qui, peut-être, à force de persévérance, nous permettront d'acquérir ne serait-ce qu'un tout petit bout de cette sagesse que la route africaine de l'Aéropostale a donné à St Ex, Mermoz, et à leurs courageux compagnons.

C'est pour cela, sans doute, que j'y retournerai.

18.05.03
01:13:19

Dialogue, à l'instant, avec un copain vétérinaire :

Lui : je viens d amputer un lapin
Moi : beurk
Lui : a moitié bouffé par une fouine. L'a echapé belle mais anterieur droit prouitch

16.05.03
14:10:37

On reçoit des communiqués de presse pour des trucs bizarres, des fois.

Humour noir ou mauvais goût ?

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15.05.03
20:46:54

J'hallucine... J'ai le chat en tache de fond, et tout à coup une fenêtre popupe. Dialogue :

brunotop : salut t'es enculable ?
moi : Je vous demande pardon ?
brunotop : il y a pas de quoi :))
moi : Bah si quand même
brunotop : tu es passif quand tu es de bonne humeur ?
moi : arf. Tu les as trouvées où tes questions ?

Christine Boutin, Brigitte Bardot, au secouuuuuurs !!!!!

15.05.03
20:24:01

Bon, faut que je termine mon récit de vacances, moi... Essayons déjà d'arriver jusqu'à destination, ce serait une bonne chose.

Je vous avais donc abandonné jeudi 1er mai, en milieu de journée, à Tanger, bien loin de la fête du Travail et des défilés syndicaux... Après avoir fait le plein du Cessna, nous allons déposer notre plan de vol pour Agadir, puis récupérer nos passeports, dûment tamponnés.

On se restaure rapidement dans l'aérogare, et nous voila repartis vers Agadir.

On ne s'en doute pas toujours, mais le Maroc est un grand pays. Pendant près de 4 heures, nous avons longé la côté atlantique. Soit environ 800 kilomètres de littoral.

Mis à part un léger détour pour contourner la zone de Rabat, pendant 800 km, nous avons vu les vagues mourir sur les plages, sous nos ailes, avec ce drôle de sentiment de suivre modestement les traces de nos glorieux aînés qui, dans les années 30, sur des coucous à peine plus gros que notre Cessna, transportaient le courrier sur les lignes de l'Aéropostale.

Ca n'a peut-être pas l'air, mais pour un pilote, fut-il petit pilote privé, faire ce trajet, c'est quelque chose. Mettre ses pas dans ceux des pilotes de Didier Daurat - dont les plus connus, Jean Mermoz, Antoine de Saint-Exupéry, Henri Guillaumet, ne font pas oublier leurs nombreux compagnons, pilotes et mécanos -, ça provoque un frisson dans le dos, et ça fait battre le coeur un peu plus vite.

Notre route a ainsi croisé, successivement, Rabat, Casablanca, Marrakech, avant d'arriver en baie d'Agadir en fin de journée. Là, on a failli faire la *grosse* connerie du voyage, en manquant de nous poser sur l'aéroport militaire. Ce qui, selon le contrôleur de l'aéroport civil, n'aurait pas *du tout* amusé les militaires.

Grâce à sa vigilance devant son radar, nous sommes arrivés à bon cochon ( comme dit mon commandant de bord du Cessna), quelque peu fatigués par près de 8 heures de vol en pitit navion. Nous voilà à Agadir, où Jean Mermoz fut, 75 ans plus tôt, "chef d'aéroplace".

Mais l'atterrissage ne marque pas la fin des épreuves, mais plutôt le début. Le plus compliqué n'est en effet pas de piloter entre deux aérodromes, mais plutôt de s'acquitter de la paperasserie une fois posés. Passeports, plan de vol, météo, taxes d'atterrissages...

Bref, nous finissons par poser nos fesses dans un taxi, une Mercedes bien fatiguée, conduite par un charmant jeune homme à la nuque très regardable, qui nous a conduit, en une demi-heure de slalom entre les voitures encore plus pourries que le siennes et les charrettes tirées par des ânes, à notre hôtel.

Délicieux dîner de poissons, et zou, au lit.

Vendredi 2 mai devrait être le dernier du voyage, il fallait donc se lever tôt. Notre chauffeur de taxi était fidèle au rendez-vous, à 7 heures devant l'hôtel. Rapide petit déjeuner à l'aéroport, puis, décollage. P. repart tout seul dans le Cessna, et je retrouve J., le jet, et mon siège éjectable, que je saurais gré de ne pas me faire la démonstration de ses capacités pendant cette journée encore.

Devant nous, le morceau le plus désertique qu'avaient à franchir les hommes de l'Aéropostale. Voici comment Joseph Kessel, académicien, ami et biographe de Mermoz, évoquait en 1937, avec tout le talent de sa plume, ce morceau d'Afrique que nous allions survoler :

"Après les taches minuscules que font les petites villes côtières de Safi, Mogador, Mazagan, Agadir, le regard suit avec étonnement le trait vide de toute trace de foyer humain qui serpente jusqu'à Saint-Louis-du-Sénégal. Une sorte de détresse, d'angoisse abstraites et d'appel fascinant se dégagent de cette figuration linéaire où gît, captive, figée, réduite à une échelle dérisoire, et cependant tangible et tragique avec une force qui coupe le souffle, l'immensité déserte."

Note pour plus tard : ne plus citer de grands écrivains. Après, on se sent une merde en se relisant.

Première escale de ce dernier tronçon : Laayoune. Une ville complètement perdue dans le désert. Notre avion attise la curiosité des militaires. Le Cessna arrive alors que nous sommes prêts à repartir. On lui signale que son plan de vol est déjà déposé, et on repart.

Alors que lui prendra directement le cap vers notre destination finale (à plus de 800 kilomètres de là), nous devrons faire une dernière escale, que j'attends avec impatience, non pour l'attrait particulier du lieu, mais pour son intérêt symbolique.

Dahkla est en effet une des plus célèbres escales de l'Aéropostale en Afrique. Elle s'appelait à l'époque Villa Cisneros. C'était une des 3 escales entre Agadir et Saint-Louis-du-Sénégal, après Cap Juby et avant Port Etienne.

La ville et l'aérodrome se situe à l'extrémité d'une langue de terre, presque île séparée du continent, sur plusieurs dizaines de kilomètres, par la baie du Rio de Oro. Le contrôleur nous demande de prolonger un peu la vent arrière, pour laisser un avion militaire décoller, puis je pose le jet sur la piste entourée de sable.

C'est une fois au sol que nous réalisons la température qu'il fait dehors. Pas de climatisation dans l'avion, et sous les verrières, sans l'aération que l'on a en vol, c'est une fournaise. Bien évidemment, c'est sur ce terrain que nous avons le plus long roulage pour atteindre le parking.

Arrêt du réacteur, ouverture des verrières, débrêlage (les sangles qui nous attachent au siège d'abord, celles du parachute ensuite), mise en place des sécurités du siège éjectable... Et nous pouvons retrouver la terre ferme. Un bon vent est le bienvenu pour ne pas trop subir les assauts du soleil.

Les formalités accomplies, petit coup de téléphone (avec le téléphone par satellite) pour prévenir de notre arrivée à Nouakchott, et s'assurer qu'on sera accueillis. Ce qui ne veut pas dire simplement quelqu'un po ur nous serrer la main à l'arrivée, mais surtout quelqu'un pour nous faciliter les démarches.

Avant de redécoller, J. demande à un militaire un peu d'eau. Je me doute que sa qualité n'est pas garantie pour un pauvre pitit estomac européen comme le mien, mais j'ai vraiment soif, donc j'en prends quelques gorgées. Et nous voilà repartis pour la dernière branche.

Courage, au bout du trajet, une bonne douche, des vêtements frais, et un méchoui sur la plage. Tandis que je tente tant bien que mal de maintenir la vitesse optimale de montée (350 km/h), mon commandant de bord ne quitte pas son GPS des yeux pour trouver à quelle altitude les vents sont les plus favorables.

Ce sera le niveau 200 (20 000 pieds, un peu plus de 6000 mètres d'altitude). Sous nos ailes, la poussière de sable monte jusqu'à 4000 mètres environ, et nous empêche de voir le sol. On passe à proximité de Nouadhibou, capitale économique de la Mauritanie, et elle aussi ancienne escale de l'Aéropostale (à l'époque Port Etienne).

Enfin, vers 16h15, dans la poussière de sable, apparaît Nouakchott. A 16h30, nous sommes posés. Nous voilà enfin à destination, après 4500 kilomètres, 4 pays survolés, 5 jours de voyage dont 2 d 'attente du cylindre de remplaceme nt, et environ 15 heures de vol en ce qui me concerne, la moitié en Cessna, l'autre en jet.

Après avoir accueilli le Cessna et accompli les formalités d'arrivée, nous montons dans le 4x4, quittons l'aéroport, et je découvre pour la première fois la ville dans laquelle je vais passer les 6 prochains jours.

Le contraste est saisissant. Quelques minutes plus tôt, alors que je reprochais à P. d'avoir laissé s'envoler un sac en plastique, il m'avait ri au nez, d'un air de dire "Attends de voir !" Je comprends maintenant ce qu'il voulait dire. Les rues de Nouakchoot sont parsemées d'ordures.

On y croise aussi plein de gamins aux regards curieux au passage du 4x4 tout neuf, des voitures dans des états à peine imaginables, et de nombreux ânes tirant des carrioles transportant des marchandises diverses et variées.

Arrivée dans la confortable maison de notre hôte, on se rafraîchit, on se change, et on profite un peu du reposant jardin avant de partir pour la plage. Après une demi-heure de 4x4 et après nous êtres ensablés, nous voilà sur les lieux de la fête.

A 100 mètres des vagues, plusieurs khaimas (tentes traditionnelles mauritaniennes) ont été montées. Un peu plus loin, un mouton entier tourne sur sa broche au dessus d'un feu. C'est assis en tailleur sur des tapis et des coussins, sous la khaima principale, que nous nous plongeons dans l'ambiance locale en prenant l'apéritif.

Le mouton, délicieux quoiqu'un peu ensable par les rafales de vent, sera accompagné de semoule, de légumes et de merguez. Vaincus par la fatigue, nous ne nous éternisons pas, et nous rentrons à Nouakchott où nous retrouvons avec bonheur nos lits, au terme de cette longue journée.

Bon allez, suite et fin plus tard... :-)

15.05.03
19:25:31

Le soir même, dînant dans un resto zomosexuel (un des rares où l'on mange bien) avec notre collègue américain, nous en vîmes à parler de sexe. Rien de bien original dans notre boîte, cf le post de Greg à ce sujet.

La question était : combien de partenaires ? Seuls trois d'entre nous ont répondu (avec des écarts de l'ordre de 1 à 10).

Et n'attendez évidemment pas que je réponde ici, il y a des membres de ma famille qui lisent ce blog, merde, quoi ! (La véritable réponse n'étant d'ailleurs pas très précise : "Je ne sais pas").

15.05.03
19:18:21

Des fois, je m'épate. Mais pas toujours dans le bon sens...

Mardi, par exemple. A 9h15, je m'amusais de voir tant de vélos et de rollers en ce jour de grève. Moi, évidemment, habitant à 500 mètres de mon boulot, je ne suis pas traumatisé par les grèves des transports.

Ce que je n'imaginais pas, c'est que deux heures plus tard, je serai dans ma voiture...

Je me suis porté volontaire pour aller en voiture à Vincennes chercher mon collègue (et néanmoins ami) Greg, coincé par la pénurie de métros sur la ligne 1, et qu'on devait avoir parmi nous pour une réunion importante.

J'ai eu du pot, ça roulait bien, à l'aller comme au retour. J'eus été vert de rester coincé deux heures dans les embouteillages alors que je suis au bureau en 10 minutes à pieds !

13.05.03
09:15:55

En ce matin de grève, il y a un monde hallucinant qui se balade en engins à roues non motorisés.

Au feu rouge, rue de Rivoli, le couloir de bus - pourtant large - est bondé de vélo et de rollers. Amusant.

12.05.03
23:55:23

"On ne peut pas plaire à tout le monde", spécial BB.

Je suis pas spécialement fan de Fogiel. Il y a quelques années, je ne supportais pas sa façon de ne pas éocuter les réponses de ses invités, et de leur couper la parole. Il s'est bine amélioré. Hier, il a été très bien face à Bardot-la bête, ce qui était plus difficile que de jouer les animateurs gentils face à Bardot-la belle.

Malin d'avoir choisi de faire l'émission en deux parties. Le mythe d'abord, parce qu'il subsiste, même s'il est bien altéré par la Bardot d'aujourd'hui. Ce que certains considérereont comme quelques "jolis moments de télé". Un peu ridicules parfois, mais bon, il paraît que ça plait.

Et puis il a parlé du livre. Celui dans lequel Bardot ose mettre noir sur blanc toutes ses idées nauséabondes sur les étrangers, les profs, les femmes, les homos, les transsexuels, les Français en général...

Ce qui est étonnant, c'est qu'elle feint de s'étonner que ça choque, elle s'étonne que Fogiel refuse de passer sous silence le livre.

Forcément, l'émission est partie en couilles. A la fin, Bardot semblait au bord des larmes. Un pote m'a dit par mail qu'il trouvait ça dommage. Non, ça ne l'est pas. C'est bien fait pour elle. Je n'ai ressenti aucune compassion pour cette vieille extrémiste offrant le pathéthique spectacle d'un naufrage en direct.

Elle a reproché à Fogiel d'avoir gâché le cadeau qu'il avait voulu lui faire en lui rendant cet hommage télévisuel. Erreur, Fogiel n'en est en rien responsable. Bardot a gâché toute seule son cadeau, elle s'est grillée elle-même. Après une heure et quelque d'hommage, elle a cassé le mythe en dix minutes.

Chez certaines stars, il faut choisir. Soit c'est l'homme ou la femme qui vit vieux, soit c'est le mythe. Dans le cas de Bardot, il eut été préférable, pour le mythe, qu'elle parte il y a quelques années.

11.05.03
23:17:29

J'ai hyper la flemme de raconter la fin du voyage ce soir... Je vais me contenter de deux photos du rocher de Gibraltar. On voit la piste de l'aéroport en arrière plan .

10.05.03
13:38:06

Bon, allons-y pour commencer le récit de ces vacances assez hors du commun. Objectif : convoyer deux avions, un petit Cessna et un autre un peu plus gros, de la région parisienne jusqu'en Mauritanie, quelques 4500 kilomètres plus loin.

Dimanche 27 avril au soir, donc, je rejoins les trois autres pilotes dans Paris, et nous voila partis en voiture pour rejoindre notre aérodrome de départ, au fin fond de la Seine et Marne. Après une bonne heure de route, on atteint le Logis de France où nous devons passer la nuit. Le départ étant prévu très tôt, on ne veille pas tard et on va tous se coucher.

Lundi 28, lever à 5h30. Douche rapide, et on arrive à l'aérodrome à 6h. On charge les deux avions. Puis le Cessna 172 décolle, avec P. en commandant de bord, et B. en copilote. Je m'installe dans le deuxième avion avec J., qui sera commandant de bord, et qui, en tant qu'instructeur, va m'apprendre à maîtriser la bête.

C'est en effet un avion un peu particulier, puisqu'il n'a pas d'hélice, mais un réacteur. Il a également une particularité qu'on rencontre rarement sur les avions de tourisme : il est équipé de deux sièges éjectables (en état de marche). Il vole de ux fois plus vite que le Cessna, mais a en contrepartie moins d'autonomie et devra faire davantage d'escales pour ravitailler en carburant.

Je m'installe donc à bord, et J. m'aide à me "brêler", comme on dit. C'est en effet un peu compliqué quand on n'a pas l'habitude. Une fois installé sur le siège éjectable, il faut passer les deux bretelles du parachute, puis passer chacune des deux sangles de la taille dans les anneaux des deux sangles qui passent le long de chaque cuisse. En 6 points, on est donc solidement accroché au parachute. Ensuite, on s'attache au siège avec un harnais 5 points.

Ne reste plus qu'a mettre le casque, et à ajuster devant son nez le "groin" qui permet d'alimenter en oxygène en cas de besoin, et surtout de communiquer avec l'autre pilote, le micro étant à l'intérieur du masque.

Un groupe de parc lance le réacteur, et nous voila prêts au départ. Sauf qu'un des casques déconne, on a du mal à communiquer. C'est un "No go". On arrête le réacteur, on se débrêle, et on va prendre un café en ville en attendant qu'un technicien arrive pour examiner le casque.

10h30, c'est reparti, cette fois pour de bon. On va faire un petit saut de puce. La longueur de la piste de notre terrain de départ ne nous permet pas de décoller avec les pleins, c'est donc à Auxerre que nous ferons les pleins complets. Les 90 kilomètres sont couverts en moins d'un quart d'heure.

Je tente de faire a tterrir l'engin, aidé par mon Cdb. On fait les pleins, je file à la tour payer la taxe d'atterrissage, et nous voilà repartis, direction Perpignan (570 kilomètres). On passe quasiment à la verticale de l'aéroport de Clermont-Ferrand, et j'ai une petite pensée pour mes amis du coin : Isa, Titi et Fabien.

Le puy de Sancy est encore plein de neige, et c'est superbe. Le contrôleur est un peu largué, il a du mal à comprendre quel est cet avion qui vole bien haut et bien vite pour un avion de tourisme, surtout en VFR (vol à vue, en opposition à l'IFR, vol aux instruments).

Le vol se poursuit, et je finis par apercevoir la Méditerranée, sur notre gauche, et les Pyrénées, sur notre droite. Sur la carte, Perpignan est coincé dans le coin, quasiment à angle droit, formé par la ligne des Pyrénées et par le littoral méditerranéen. Bien installé à quelques 5000 mètres d'altitude, je constate que c'est pareil en vrai. Et même si j'aime regarder des cartes, c'est bien plus joli vu d'ici !

Atterrissage à Perpignan, où on retrouve le Cessna. C'est notre dernière escale française, et sans doute la dernière escale européenne du 172. Il doit donc dédouaner. Cette formalité accomplie, on redécolle. Le Cessna en premier, le jet en second. Le contrôleur nous signale un trafic, "même route, très lent". C'est le Cessna, qui monte péniblement.

Le passage des Pyrénées est un régal pour les yeux, et je mitraille avec l' appareil numérique. Après une heure et demi de vol, on arrive à Valencia, première escale espagnole. On se gare à côté d'un avion d'affaires, et c'est là que commencent les galères. Personne ne répondant sur la fréquence dédiée au ravitaillement, on erre à pieds du côté d'un bâtiment qui se révèle être celui des pompiers.

Un soldat du feu (qui ne vaut aucunement la peine d'être ici décrit) nous renseigne par signes pour nous indiquer une cabine téléphonique plantée au milieu de nulle part. On finit par joindre le service du carburant qui arrive quelques minutes plus tard avec un camion-citerne.

Très intéressé par notre avion, le pompiste nous proposer de nous déposer au bâtiment où nous devons déposer notre plan de vol pour l'étape suivante. Cette formalité accomplie, et la météo consultée, on retourne à l'avion... à pieds ! On passe ainsi entre les quelques Boeings et Airbus et l'aérogare, sans que personne ne s'intéresse à nous.

Alors qu'on s'apprête à mettre en route, on voit arriver... le Cessna, qui n'était pas censé faire escale ici. Il a des ennuis moteur. On le fait tourner au sol, et on décide de passer la nuit à Valencia. ON s'installe à l'hôtel Ibis proche de l'aéroport, et on va manger des tapas en ville.

Mardi 29, au petit matin, nous revoilà sur l'aéroport avec tous nos bagages. J. et P. vont faire un tour de piste pour essayer le Cessna, et constatent que le moteur ne tou rne pas à pleine puissance. On tire l'avion jusqu'à un atelier d'entretien, et on finit par constater qu'un des 6 cylindres du moteur Continental a rendu l'âme.

Problème : l'atelier n'en a pas en stock. Il existe en France *un seul* cylindre disponible, et il se trouve à... Chambéry ! Le mécanicien du Cessna qui Paris en avion léger avec un pilote, direction Chambéry où ils achètent le cylindre. Puis il prennent la direction de Valencia, mais doivent se poser à Perpignan en raison de la météo. B. qui a des obligations à partir de jeudi, nous quitte. Nouvelle nuit à l'Ibis pour attendre le mécanicien.

Mercredi 30, la météo à Perpignan ne s'est pas arrangée. Le mécanicien loue une voiture et arrive à Valencia vers 15h. A 16h, il s'attaque au montage du cylindre neuf (le cylindre HS ayant été démonté par l'atelier d'entretien). On l'aide comme on peut, par exemple en nettoyant à l'essence les pièces de l'ancien cylindre dont il a besoin.

A 20h, l'atelier ferme et on doit tirer l'avion sur le parking. On le parque sous un lampadaire pour y voir quelque chose. On termine à 0h30, après 8h30 de travail non stop. Nouvelle nuit à l'hôtel Ibis, on se couche vers 2h après avoir mangé.

Jeudi 1er mai, réveil à 6h30 pour reprendre notre voyage. P. n'étant pas très à l'aise en anglais, je part avec lui sur l'étape Valencia-Tanger pour faire la radio. Le jet décolle avec J. seul à bord. Le Cessn a met en route, je demande la clairance de roulage... et on me répond que notre plan de vol n'est plus valable et qu'on doit repasser à la tour en déposer un autre.

J'insiste, et on me répond, en me demandant, d'un ton agacé, d'arrêter le moteur et de venir déposer un nouveau plan de vol. On perd une heure. A 10h30, on peut enfin mettre en route. On décolle juste derrière le vol Air France du matin.

On grimpe au dessus des nuages, et on commence à survoler l'Espagne en direction du sud-ouest. Quittant la zone de Valencia, je les appelle pour quitter leur fréquence, mais le contrôleur ne répond pas. Les montagnes qu'on vient de passer empêchent sans doute les ondes radio de passer. Un avion d'Alitalia, bien plus haut que nous, fait le relais. Je le remercie, et on passer avec la fréquence de Séville.

Quelques chaînes de montagnes plus loin, voilà à nouveau la Méditerranée qu'on survole en longeant la côte. Tout à coup, apparaît sous nos yeux le mythique rocher de Gibraltar, pointe sud de l'Europe, bastion de pierre surveillant le détroit du même nom, étroit passage entre l'Europe et l'Afrique.

On distingue bien la piste d'atterrissage construite en gagnant sur la mer. Je ressens une certaine émotion à passer au large du rocher de Gibraltar, à franchir le détroit, à voir pour la première fois les côtes africaines, et à penser que dans quelques minutes je vais mettre le pied sur un continent inconnu.

On survole les faubourgs de Tanger, et on se pose, sous le nez d'un avion d'Ibéria qui attend sagement qu'on ait atterri pour décoller. Roulage, arrêt du moteur devant la pompe à essence. On descend de l'avion, il fait chaud. 4 heures de vol après notre décollage de Valencia, nous voilà en Afrique.

09.05.03
23:45:20

Le sable, des fois ça fonce, et des fois ça s'enfonce ! Mais il faut bien la mériter, sa part de désert...

08.05.03
17:50:54

Ma soeur m'a laissé dans la rue juste derrière chez moi. Mon sac sur l'épaule, j'ai fait 200 mètres sur la rue de Rivoli. Et ça m'a fait une drôle d'impression. Une impression que je n'avais pas vraiment eu le temps de ressentir à Roissy, ni sur le trajet, occupé que j'étais à raconter mes vacances à ma soeur.

Marchant sur la rue de Rivoli, j'ai presque eu le sentiment d'être Crocodile Dundee découvrant New-York. Non non, je n'exagère pas... Vraiment. Ca faisait une semaine que je n'avais pas vu de rue sans détritus partout, sans sable à la place du goudron, sans enfants jouant pieds nus, et sans chèvres se baladant en plein milieu !

Ca y est, je suis rentré.



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