22/04/2010

Mon interview de Jean Le Bitoux, militant homosexuel, décédé mardi

Filed under: General — XIII @ 18:09:02

J’apprends aujourd’hui, via Yagg et Têtu, le décès de Jean Le Bitoux. Le nom ne dira sans doute rien à beaucoup de gays (et c’est d’ailleurs dommage que tant d’homos aient une si faible connaissance de ce qui constitue leur histoire).

Jean Le Bitoux était un militant homosexuel. Il a participé aux Groupes de Libération Homosexuelle, a été journaliste à Libération, a fondé le célèbre magazine “Gai Pied”, a participé à l’aventure de AIDES, et s’est battu pour la reconnaissance de la déportation homosexuelle.

En 2002, je l’avais rencontré et interviewé. Voici deux extraits de cette interview, que vous pouvez aussi lire dans son intégralité.

A lire ou relire aussi, plusieurs de mes billets au sujet de Pierre Seel, qu’évoque Jean Le Bitoux dans l’interview : Pierre Seel est mort, L’adieu à Pierre (le récit des obsèques, auxquelles je m’étais rendu), et mon billet sur le film “Un amour à taire”.

Extraits de mon interview de Jean Le Bitoux d’avril 2002, peu après la parution d’un rapport d’historiens qui indiquait qu’au moins 200 Français avaient été déportés pour homosexualité.

Comment Pierre Seel, qui était officiellement le seul déporté homosexuel français, a-t-il réagi à la publication du rapport ?

Pierre a d’abord été terrifié par le chiffre. On en parlait souvent tous les deux, du chiffre, et on pensait à 20, 30, ou 40 déportés homosexuels… On ne se rendait pas compte. Là on est sur 210 personnes uniquement pour l’Alsace.

Il a été terrifié que sa vérité (on a trouvé son nom sur la liste) soit celle de tant de personnes. Je lui ai dit que le ministre lui-même pensait que les chiffres étaient beaucoup plus importants. Donc on va continuer à fouiller dans les archives, avec trois historiens.

Seul, Pierre avait parlé, en mémoire de son amour, mort dans le camp, c’était ça qui le motivait. Il a été ému d’apprendre que son drame avait été multiplié par 100, par 200… Il était très ému de toutes ces souffrances disparues.

Sur les 210 déportés homosexuels français, il doit rester deux ou trois survivants, mais il y a un phénomène d’âge. Pierre a été raflé à 18 ans, aujourd’hui il en a 78. Il était le plus jeune du camp de Schirmeck (il était mineur, d’ailleurs, à l’époque).

Il a été très ému, parce que pour lui, c’était une preuve. Parce que quand on a commencé à écrire son livre, beaucoup de gens nous disaient que c’était du pipeau, que Pierre était un mythomane, qu’il n’y a jamais eu de déportation homosexuelle… Il y avait un déni très fort.

Il faut remercier Pierre de son courage immense, parce que sans lui, on n’en serait pas là.

Comment jugez-vous le regard de la communauté gay sur la déportation des homosexuels, et comment votre livre va-t-il aider à mieux la connaître ?

Je pense que le livre va permettre de comprendre ce qu’est l’homophobie la plus extrême. Il y a pire que d’être insulté ou bousculé ! C’est être convoqué au commissariat et ne jamais en ressortir, être torturé pour donner la liste de ses amis homosexuels… Je voudrais que la communauté gay et lesbienne se rende compte que cette haine est toujours autour de nous.
Même si on a remporté des victoires au niveau de l’Assemblée nationale, même si on aura bientôt une loi contre l’homophobie, on n’empêchera pas certains de penser ce qu’ils pensent. Il y a encore beaucoup d’antisémites en France, même si les lois les empêchent d’exprimer leur haine sociale. Je pense que pour les homosexuels, c’est pareil.

Les gens ont décidé d’être tolérants mais la tolérance, c’est une chose très superficielle, et dès que le vent tourne, la tolérance n’est plus là, et on repasse tout de suite dans l’intolérance.

Il faudrait que la jeune génération réalise qu’on n’est pas sorti de la haine sociale, et que cette haine peut revenir, surtout lorsqu’on il y a une grande visibilité gay. Ca fait évoluer certains, mais ça ne fait pas avancer ceux qui ont des problèmes avec leur propre homosexualité, et qui ne supportent pas cette visibilité homosexuelle.

Donc méfions-nous, restons vigilants. Le cauchemar peut revenir facilement. Et souvenons-nous de Berlin dans les années 30, où la situation était très semblable à la situation à Paris aujourd’hui.

Ca n’a pas empêché Hitler, en deux mois, de fermer les lieux gays, de tabasser les homosexuels, de les convoquer, de les torturer, de brûler les bibliothèques, de dissoudre les associations, d’instaurer un couvre-feu le soir… et les homosexuels sont rentrés chez eux - quand ils n’avaient pas été raflés - en vivant dans la peur pendant toute la guerre.

Lire l’intégralité de cette interview.

15/04/2010

Le pilotage sera toujours de votre âge

Filed under: Aviation — XIII @ 09:55:08

Piloter un avion, ce n’est pas compliqué ! Pourquoi ne pas essayer ?

L’occasion de le faire vous est offerte toute l’année, et en particulier du 21 au 24 mai. Pendant le week-end de la Pentecôte, la Fédération Française Aéronautique et les aéroclubs partout en France organisent des journées portes ouvertes. Pour la première fois, cette opération bénéficiera d’une publicité à la télévision :


N’hésitez pas à diffuser la vidéo sur votre blog !

03/04/2010

When a dream comes true

Filed under: Aviation — XIII @ 12:34:15

Cette fois, c’est fait ! J’ai commencé cette semaine à bosser comme copi dans une petite compagnie d’avia.tion d’affai.res basée au Bour.get.

10 ans presque jour pour jour après mon tout premier vol comme élève pilo.te (c’était en mars 2000), j’ai transporté mes premiers passagers.


J’ai commencé mardi et mercredi. Six étapes et 8 heures de vol. Mes deux premières journée avec la chemise blanche et les galons sur les épaules, un comman.dant de bord à ma gauche, des passagers derrière. Et puis des nuages blancs au-dessous, et le soleil qui vient caresser mon visage, alors que 6 000 mètres plus bas, c’est la grisaille et la pluie. Je savoure le moment. Enfin, le rêve commence a devenir réalité, enfin, je touche au but.

Je mesure le chemin parcouru depuis mon tout premier vol, voici 10 ans, et depuis ma décision de me lancer dans la carrière de pilo.te de li.gne. Voici 20 mois et 15 jours, je recevais un lourd carton plein des 13 gros classeurs contenant tout le savoir à assimiler pour passer les examens de la licence théorique de pi.lote de ligne. Il y a un an tout rond aujourd’hui, je validais ces exams. Il y a 6 mois, j’en terminais avec la formation pratique. En novembre, je terminais mon stage instructeur, début mars je faisais ma formation au travail en équi.page sur simu.lateur de Bo.eing 737, et dans la foulée, je commençais ma formation sur l’avion que je pilo.te désormais. Et enfin, mardi et mercredi, ces premiers vols.


Depuis mardi, je suis entré sur la pointe des pieds dans le club des privilégiés qui, à chaque jour de boulot, transpercent la grisaille pour retrouver le soleil et aller s’installer en croisière au-dessus des nuages… Et j’ai encore du mal à le réaliser !

27/02/2010

Qu’est-ce qu’une bonne image de l’homosexualité ?

Filed under: General — XIII @ 14:09:20

Un article de la Voix du Nord évoquait mardi l’habillage en rose d’une statue de Jean d’Arc ainsi que la réaction d’associations LGBT estimant que cette action donne une mauvaise image de l’homosexualité.

J’ai bien aimé la réponse de l’association “Les Flamands Roses” :

Cela est évidemment absurde : qu’est-ce qu’une bonne image de l’homosexualité ? Une homosexualité hétérosexuelle peut-être ? Et qui décide de la bonne ou de la mauvaise image ? Nos parents, nos psychiatres, nos juges, nos policiers, nos législateurs, nos gouvernants ?

Soyons sérieuxSES alors : nous, les homos et les trans, avons de toute façon une mauvaise image dans cette société globalement homophobe et transphobe. Nous luttons pour changer cette société et nous n’avons que faire de donner une bonne image de nous-mêmes.

(…)

Notre dignité et notre légitimité politique et militante se situent dans notre humanité ainsi que dans notre volonté de vivre heureuxSES et libres, capables de nous exprimer. Nous n’apporterons aucune aide à des homos ou à des trans dont le projet ne se résume pour nous qu’au pur et simple maintien de l’ordre hétérocrate.

21/02/2010

Les vampires, détrônés par les pédés dans la catégorie “Créatures de la nuit” ?

Filed under: General — XIII @ 12:32:37

Via mon pote Embruns, je suis tombé sur cet amusant dialogue.

Le contexte : un jeune homme en besogne un autre dans un cimetière, quand un vampire sort d’une tombe :

— Tu vois Johann, je t’avais dit que tu étais une brute. Tu y vas tellement violemment que tu réveilles les morts ! J’ai le derrière sensible, moi.
— Moi, une brute ? Mais je suis la douceur incarnée !

Quelque peu déstabilisé, le mort remballa ses incisives et manifesta son impatience.

— Euh, excusez-moi si je m’immisce, mais je suis un vampire, vous êtes censés avoir peur. Allez, faites au moins semblant de fuir, sans l’adrénaline, votre sang n’aura pas bon goût !

Les deux amants éclatèrent de rire.

— Un vampire ? Mais tu es resté combien de temps là-dessous ? Mon pauvre, tu retardes grave. Les vampires ne font plus peur à personne, de nos jours. Tout le monde les trouve sympa, on ne compte plus les jeunes filles qui en tombent amoureuses, on en fait même des séries télé et des films pour adolescents !
— Hein ?
— Eh oui. Tu es complètement has been, il va falloir t’y faire. De nos jours, ce qui fait peur, ce sont les gens comme nous.
— Les gens comme vous ?
— Les pédés. C’est terrible, un pédé.
— Sûrement pas aussi terrible qu’un vampire qui suce la sève vitale des jeunes gens innocent !
— T’inquiète pas, nous aussi nous suçons la sève vitale, chéri.
— Et nous nous multiplions, ceux que nous avons pris deviennent vampires à leur tour !
— Pareil. Je t’assure qu’après que j’ai sucé un jeune garçon innocent, il jette sa copine et il devient pédé.
— Et nous sommes des créatures de la nuit !
— Tu crois qu’on est quoi, nous ? Tu as déjà vu beaucoup de mecs s’enculer dans les cimetières en plein jour ? Et puis Le Dépôt, c’est pas dans la journée qu’il fait son chiffre d’affaire…
— Bon sang mais tremblez, je suis envoyé par le Diable, je défie la parole divine, j’effraie les bon chrétiens !
— Ouais, on s’y connaît également pour tout ça aussi.

Lire l’intégralité du billet sur le blog Ad Virgilium.

15/02/2010

Petite vidéo de la haine (homophobe) ordinaire

Filed under: General — XIII @ 16:38:02


On pourrait se penser dans un des ex-pays de l’Est où les Gay Pride se font attaquer par des homophobes extrémistes.

Et pourtant, on est en plein coeur de Paris, en février 2010…

Il y a même (au moins) une fille. Zoomons sur ce visage de la haine homophobe, qui éructe “Allez faire ça chez vous !” :

28/01/2010

“Were the world mine” et “Fairies”

Filed under: Boys, boys, boys !, Ciné — XIII @ 11:29:09

L’autre soir, je vais dîner chez mon pote José, et après avoir mangé, on décide de regarder quelques courts métrages. On sort donc sa collection de DVD “Courts mais gays”, et on fait notre choix.

Un de ceux qu’on regarde, dès la première minute, nous dit quelque chose. C’est quasiment la même histoire qu’un long métrage qu’on est allés voir ensemble peu de temps avant au festival de films gays et lesbiens de Paris. Et finalement, on réalise que ce n’est pas *quasiment* La même histoire, c’est exactement la même, et c’est le même réalisateur, Tom Gustafson.

Il a d’abord réalisé en 2003 le court métrage musical “Fairies”, avec James McKay, dont voici l’affiche et la bande-annonce :




Puis, en 2008, il en fait un long métrage, “Were the world mine”, qui est sorti ce mercredi sur les écrans français (uniquement à Paris, et seulement dans deux salles). Affiche, bande annonce et extrait :





Ce sont deux très jolis films, basés sur “Songe d’une nuit d’été”, plein de féérie (et de choupis, ce qui ne gâche rien).

Et pour le plaisir des yeux, quelques photos tirées de “Were the world mine” :


Et pour finir, une photo au naturel de l’acteur principal, Tanner Cohen, qui est le leader d’un groupe musical, et qui est gay également à la ville :



Une chtite interview du réalisateur et des deux principaux acteurs, réalisée pendant un festival du film gay aux Etats-Unis :




Sur la page YouTube de la maison de production, un making of, en trois parties. La première et la troisième n’ont vraiment aucun intérêt (à part peut-être la fin de la troisième où l’ont voit quelques uns des acteurs qui jouent les jeunes sportifs répéter un bout de chorégraphie). Voici la deuxième partie, où l’on voit Tanner Cohen chanter pendant les répétitions :




Et enfin, quelques uns des morceaux musicaux du film, en commençant par le titre principal, interprété par Tanner Cohen :







24/01/2010

Un peu de visibilité…

Filed under: General — XIII @ 15:31:43


22/01/2010

Mais que fais-je dans l’élection du meilleur blog gay friendly ??

Filed under: Blogosphère — XIII @ 11:55:35

Un lecteur fidèle (et nostalgique du temps où je racontais davantage ma vie sur mon blog) m’informe que XIII Blog a été choisi par Gay Friendly pour l’élection du meilleur blog gay friendly.

Je suis quelque peu surpris d’avoir été sélectionné, et de ne pas avoir été prévenu, mais bon…

A cette heure, je suis deuxième, très loin derrière cette salope :-) de Matoo (faut dire qu’il doit avoir beaucoup plus de lecteurs de que moi, maintenant que je n’écris plus trop ici) et un poil devant les suivants.

13/01/2010

Deux émissions télé sur l’homophobie à voir ou revoir en ligne

Filed under: General — XIII @ 19:23:08

Deux émissions télé étaient consacrées en partie, dimanche et lundi dernier, à l’homphobie. Pour ceux qui les ont ratées (comme moi), on peut les visionner sur le Net :

M6, émission « 66 minutes » du 10 janvier, reportage « Un homo dans la cité » :

France 5, le Magazine de la Santé du 11 janvier (le reportage commence à la 34ème minute).

Dans la première, un témoignage très fort de Brahim, que j’ai eu l’occasion de rencontrer quand j’ai été interviewé sur Homo Micro voici quelques années.

Next Page »

Powered by WordPress